Le chien arrive à la maison !

 

Pour vous, c’est un événement heureux : votre nouveau chien est là !

Pour lui, c’est un bouleversement, un choc, un stress, … tout est confus. « Où est-ce que je suis ? » « Qui sont tous ces gens ? » « Toutes ces odeurs étrangères … que va-t-il m’arriver ? » « J’ai peur ! » « Où sont les visages que je connais ? »

Beaucoup de choses sont différentes pour lui. Il arrive avec son histoire dans son paquetage. Il va avoir besoin d’un temps d’adaptation, donc de beaucoup de patience. Il va falloir construire une relation petit à petit, sans rien brusquer, et en posant un cadre et des règles pour que tout le monde puisse se sentir en confiance et serein.

 

APPRENDRE A SE CONNAITRE 

Vous allez apprendre à vous connaître, et donc, à vous aimer. Il faut laisser le temps au chien : selon son caractère et son passé, il vous faudra énormément de patience : 2 mois, 6 mois, un an et parfois même deux !

 

L’ARRIVÉE A LA MAISON 

Tenu en laisse, faites-lui visiter la maison, hormis les pièces interdites. Faites de même pour lui présenter le jardin. 

Si le chien est un peu craintif ou perturbé, nous conseillons de laisser la laisse trainer par terre attachée à son collier ou harnais, les premiers jours. Cela ne le dérangera pas, mais ça vous permettra de pouvoir le guider ou le déplacer sans qu’il se sente agressé en voulant le prendre par le collier ou dans les bras.

 

MARQUAGE URINAIRE 

Oui, beaucoup de chiens vont marquer à l’urine leur nouvel environnement. On a tendance à penser que cela ne se passe qu’avec les mâles, mais certaines femelles sont aussi très virulentes. Cela peut durer quelques jours ou plus, ça s’estompera avec le temps. 

Le marquage urinaire n’a rien à voir avec la propreté.

Il sera difficile d’esquiver cette partie là, mais vous pouvez toujours lui dire un « non » ferme si vous le prenez sur le fait accompli, et le sortir dans la foulée. Récompensez le avec caresses ou friandises quand il fait ses besoins dehors.

 

SON PANIER

Votre chien doit trouver sa place au sein de son nouveau foyer. Pour cela il sera primordial de lui attribuer un panier à un endroit précis de la maison. Le panier ne doit pas être dans le passage, ni sous une fenêtre, ni devant une porte. 

Idéalement, le panier est dans un coin ou recoin d’une pièce. Un endroit calme, où le chien pourra y trouver refuge, sans être déranger par les autres membres du foyer. Car quand le chien est dans son panier, il est dans sa zone de confort, son « Home Sweet home », où rien ne peut le déranger.

Quand on construit la relation, il est très important de respecter le panier du chien qui représente son refuge. On ne doit jamais aller caresser le chien, chercher un objet dans le panier alors qu’il y est. On appelle le chien pour qu’il sorte du panier et là on le caresse et/ou on prend l’objet. Si le chien fait une bêtise, on l’envoie dans son panier et on le laisse là-bas tranquille. 

Tout le monde dans le foyer doit impérativement respecter le panier du chien.

 

ACCES EAU ET NOURRITURE 

Inutile de lui donner à manger immédiatement quand il arrive, le voyage l’aura sûrement perturbé.  

Choisissez tout de suite un endroit adapté qui ne changera pas. Prévoyez une transition progressive avec l’aliment auquel il est habitué.

Mettez-lui une gamelle d’eau fraiche à disposition immédiatement. Là encore, l’endroit où vous mettez la gamelle d’eau ne varie plus.

 

Par la suite, donnez-lui son repas à un moment éloigné du votre. Vous pouvez lui donner 2 repas par jour : un le matin, un le soir ou fin d’après- midi (nous conseillons fortement 2 repas surtout pour les chiens de grande taille pour éviter les torsions d’estomac). 

Il sera en revanche important de le sortir pour une promenade hygiénique, entre 20 et 30 mn après les repas, pour que les intestins assimilent les nutriments et transforment les déchets en selles. La promenade hygiénique devra durer 15 minutes minimum.

 

Le repas : on aime manger au calme, sans que personne ne vienne mettre ses mains dans notre assiette ou s’amuser avec notre pain. Sans quoi, on risque d’être assez désagréable avec le trouble-fête. Ne le seriez-vous pas ? Et bien votre chien, c’est pareil ! Quand votre chien a le nez dans sa gamelle, on ne cherche pas à exciter le chien, mais à faire en sorte à ce que ce soit un moment agréable et tranquille.

 

ALIMENTATION 

Une alimentation de qualité est très importante, pour de nombreuses raisons. Vous avez le choix entre croquettes, humide, ou du fait maison (bien se renseigner à ce moment là pour éviter les carences).

Ne faites pas grossir votre chien, cela mettra sa santé en danger sur le long terme (respiration, cœur, articulations, etc.)

Si vous ne voulez pas d’un chien qui pleurniche et qui quémande au moment de vos repas, ne lui donner rien à table.

 

EVITEZ LE SYNDROME DE L’ADOPTION 

Dès son arrivée à la maison, il faut que le chien apprenne les règles. Ne pas vous dire : « oh… le pauvre ». 

 

Les premiers jours, on ne l’embête pas trop !

 

Ne vous affolez pas non plus si le chien adulte grogne pour vous avertir qu’il n’aime pas telle chose. Le grognement fait partie du langage chien. Il est possible qu’il ait peur. Dites fermement « non » et passez à autre chose. Evitez les affrontements et conflits le premier temps, en détournant son attention. Le chien doit apprendre à avoir confiance avant d’être corrigé plus strictement.

 

CARESSES, CALINS ET CALME 

Il est important que le chien se sente bien et qu’il se sente chez lui. Cependant, rappelez-vous que dans sa tête règne toujours une grande confusion. Il ne connait pas encore sa place et si vous ne lui attribuer pas cette place, il va essayer de la trouver.

 

Soyez toujours à l’initiative des caresses. Pour cela, appelez-le calmement, demandez-lui de s’asseoir et caresser le doucement sur la tête, le dos et les épaules.

Afin d’établir des liens et d’apprendre à vous connaitre sans créer de troubles, il va falloir privilégier des moments de calme et de détente. Vous ne connaissez pas encore toutes ses réactions, donc évitez des excitations éventuelles avec des jeux brutaux ou des câlins vifs. Vous devez vous apprivoiser mutuellement et pour cela, rien ne vaut les caresses reposantes et les moments agréables, tels que de longues balades.

 

LES PROMENADES

Il est important de faire la différence entre promenade hygiénique : 15-20 minutes pour faire les besoins, et la promenade d’activité pour se dépenser et s’amuser. Les deux sont indispensables.

 

Au début, il vous faudra tester le rappel, pour cela des promenades en longe sont préconisées.

Quand le rappel est acquis et bien assimilé, vous allez pouvoir faire des promenades détachées. Là encore, assurez vous que votre chien est sympa avec son environnement (autres chiens, vélo, enfants, etc.), afin d’éviter des conflits et des accidents.

 

En fonction de la race de votre chien, ses besoins physiologiques d’activités peuvent varier de 2 heures par jour (pour certains dogue et chiens de petites races) à 10 heures (pour les chiens de travail et certains chiens de chasse). Vous comprendrez donc que 3 promenades hygiéniques de 15 mn, ne sont pas suffisantes pour combler leur besoin physiologique et ainsi donc éviter des problèmes de comportements (destruction, aboiements, etc.).

Les promenades d’activités doivent durer au minimum 1 heure. Il faudra planifier un minimum de 2 promenades quotidiennement si le chien est jeune et dynamique.

Vous avez un jardin, un parc, du terrain. C’est une très bonne chose, mais cela ne veut pas dire qu’il faut laisser le chien dehors se débrouiller tout seul.  Il va falloir interagir avec lui : se promener avec lui, jouer à la balle, au frisbee, au lancer du bâton.

 

Et aussi travailler le rappel et d’autres instructions que vous attendez de lui. Les exercices d’obéissance peuvent être aussi des activités qui vont lui faire du bien et créer un lien avec sa nouvelle famille. Veillez à ce que les exercices soient atteignables et que le chien ne les finisse pas sur un échec. Le dernier exercice doit être facile et récompensé.

 

Travailler le rappel : apporter des « friandises* » avec vous lors des promenades. Promener le chien en longe. Quand il est à une dizaine de mètres, appelez-le. Quand il répond au rappel en revenant vers vous, donnez-lui une friandise pour le récompenser.

S’il ne revient pas tout de suite, ne vous énervez pas et ne criez pas. Recommencez en l’appelant calmement, jusqu’à ce qu’il revienne, et là, récompensez le.

Recommencez l’opération plusieurs fois par jour et tous les jours. Quand le rappel est bien assimilé, remplacer la friandise par une caresse chargée de bons sentiments à son égard.

*Pour éviter le surpoids, il est conseillé de prendre comme friandises, des croquettes de la ration quotidienne.

 

Si il est craintif : ne le rassurez pas s’il éprouve de la peur ou de la crainte, vous ne ferez que renforcer son stress. Faites comme si de rien n’était.

 

Choix du collier : s’il vous plait, choisissez un collier que vous serrez bien au moment de la sortie, sans pour autant l’étrangler, surtout les premiers temps ou pour un chien craintif. Certains de nos adoptants ont perdu leur animal lors des premières sorties et cela s’est parfois très mal terminé. Si un chien panique et prend peur, il peut se sortir de son collier ou harnais, si celui-ci n’est pas bien sécurisé.

 

RECOMPENSES

On a parlé d’exercices dans le paragraphe ci-dessus. Faire travailler et récompenser quand le travail est effectué, n’est-ce pas ce que nous vivons jour après jour dans la vie quotidienne ? Pour le chien, c’est pareil. Quand le chien exécute la consigne ou ordre demandé, il doit être récompensé, car il faut récompenser les bonnes actions et les valoriser pour qu’il continue à les faire. Votre chien est intelligent, il comprendra vite ce qu’il a intérêt à faire et ce qu’il ne doit plus faire. Lors des balades, quand le rappel est bon, on récompense. Quand il écoute et obéit aux consignes, on récompense. Quand il n’écoute pas et n’en fait qu’à sa tête, on ne donne rien et on ignore les mauvais comportements.

Récompenser son chien car il agit bien, c’est aussi reconnaître sa valeur, c’est l’encourager à bien faire, et vous incarnerez pour lui le bienfaiteur : vous serez une personne à part, son bienfaiteur, son ami… Celui pour qui, il veut bien faire.

 

PROPRETÉ

Il se peut qu’il en ait un peu perdu les notions. Le considérer comme un chiot et le sortir souvent (surtout après chaque repas) en le félicitant chaque fois qu’il fait dehors. S’il s’est oublié à la maison :

è Vous ne l’avez pas vu : cela ne sert à rien de le gronder ou de lui mettre le nez dedans. Ne nettoyez pas en sa présence et terminez en utilisant un répulsif, style « citronnelle » ou « vinaigre blanc ».

è Vous le prenez sur le fait : dites lui « non » fermement et sortez le de suite. S’il continue dehors, ne manquez pas de le féliciter et de le récompenser.

N’oubliez pas que les chiots font leurs besoins après avoir dormi, mangé et joué. Sortez les donc tout de suite après.

 

ACCUEIL DES ETRANGERS A LA MAISON 

Pour éviter toute attitude imprévisible et désagréable, pensez à donner des croquettes à vos amis et demandez-leur de donner ces croquettes à votre chien quand ils rentrent. Il va les considérer comme des amis. Tant que vous ne connaissez pas son comportement avec les enfants, mettez-le dans son panier si vous accueillez des enfants et interdisez aux enfants de s’approcher du chien. Il faut éviter les situations anxiogènes. Toujours prévenir, plutôt que guérir.

 

RESTER SEUL À LA MAISON

Vous ne savez pas si votre nouveau colocataire à poils supporte la solitude. Faites un test 30 minutes, sans vous éloigner trop de la maison. Si vous entendez des hurlements ou des aboiements, c’est qu’effectivement, il va falloir travailler là-dessus. Pensez à prévenir vos voisins et leur disant que vous venez d’adopter un chien adulte et que s’il venait à aboyer pendant les absences, vous leur serez reconnaissant de vous en faire part, pour pouvoir travailler sur ce problème et le régler. Et remerciez-les de leur aide. 

Les prévenir aura 2 conséquences : (1) ils seront plus tolérants avec vous et votre chien, (2) ils se sentiront utiles et investis d’une mission pour vous aider. Ne négligez pas la communication et le relationnel.

 

Il existe des solutions pour éviter que votre chien aboie. Avant tout il faut savoir et comprendre pourquoi il aboie : il entend un bruit qu’il ne connait pas. Il ne supporte pas la solitude. Il n’a pas fait assez d’activité et n’a rien d’autre à faire que d’aboyer. Rappelez-vous, certains chiens ont été conditionnés pour aboyer pendant des heures et courir derrière du gibier (chiens de courre). Aboyer pendant 5 heures ne leur fait pas peur. Pour éviter cela, il faut les dépenser, les fatiguer : une promenade d’une heure (minimum) et avant de partir, donnez-lui dans son panier, un kong, préparé la veille avec des croquettes et de la pâté en tubeet mis au congélateur.

En parallèle, vous pouvez vous procurer un diffuseur d’ultra-son : Quand le chien aboie, l’appareil émet des ultrasons, désagréable pour le chien, dans le but de le faire cesser les aboiements. Le but est de mettre en place des activités (promenade d’une heure), dégustation du kong, qui vont le fatiguer suffisamment pour qu’il dorme pendant votre absence.

Pour les chiens qui font un traumatisme d’abandon et vous suivent partout, il faudra prévoir plus de temps :

è Des que le chien est au repos, ouvrez la porte et la refermer sans vous occuper de lui. Faites ça jusqu’au moment où le chien ne se lève plus de son panier (ça peut durer des jours, des semaines).

è Puis, ouvrez la porte et sortez pendant quelques secondes, puis quelques minutes, etc. Prolongez vos absences. A votre départ et retour, ne vous occupez pas du chien, ignorez le, ne le regardez pas dans les yeux, même si il vous sollicite.

 

EDUCATION:

L’éducation ne se fait pas en 1 jour : il faut y consacrer du temps régulièrement et éventuellement aller dans un club canin afin d’assurer la socialisation. 

N’oubliez pas : vous profitez une dizaine d’années d’un chien bien éduqué qui pourra vous accompagner partout si vous lui consacrer une année d’éducation dans un club canin par exemple. Les ordres indispensables : « assis », le rappel, « au pied », « à ta place », ne pas tirer en laisse.

L’éducation se fait par le jeu, en douceur et par courtes périodes de temps.

Apprenez lui un ordre à la fois et n’oubliez pas de le féliciter, quelque soit le temps mis à vous obéir. Le chien vous obéira plus facilement pour vous faire plaisir que par crainte. Toujours appeler le chien par son nom avant l’ordre.

è Pas de réprimandes longues. Un « non » très ferme suffit.

è Tant que vous ne connaissez pas bien les réactions de votre chien, évitez de le prendre par surprise ou brusquement par le collier. Au début n’apposez pas votre main sur son crâne, mais la le lui présenter paume vers le haut au niveau de sa truffe.

è Les premières semaines, pas trop de câlins afin d’éviter l’hyper attachement.

è Ne pas oublier de faire asseoir le chien avant de lui donner sa gamelle et avant de traverser la rue.

 

 

Un chien n’est pas une peluche. Il doit se sentir compris et doit être respecté.

Un chien est un être à part entière, avec une personnalité, un caractère, un héritage génétique, un passé (sa vie commence le jour de sa naissance, nous le rappelons).

Un chien est une éponge à émotions.

Vous adoptez un chien adulte. C’est un acte courageux et généreux. Le chien que vous adoptez a un passé, un héritage, une histoire, des craintes et des espoirs… comme nous tous.

Dans la réprimande, les cris et les coups, on se replie et devient petit. On ne peut s’élever qu’avec la reconnaissance, la valorisation et l’affection.

 (1) composition homéopathique : nervosil, telizen, zylkène, apaisil.